SAINT-RÉMI-DE TINGWICK

Il en faut du courage et de la détermination pour venir s’établir dans les Bois-Francs vers la fin du 19e siècle. Déjà, les cantons de Horton ou de Stanfold se peuplent rapidement. Pour acquérir un lopin de terre, le colon doit s’éloigner de plus en plus vers le sud. Des lots déjà existants dans les cantons de Chester et de Tingwick attirent les éventuels défricheurs. Or, la majorité des gens ignorent totalement que la plupart de ces parcelles de terre sont octroyées depuis le début du 19e siècle à des miliciens anglais peu enclins à les coloniser. Délibérément ou non, on laisse le pauvre pionnier défricher un lot qui ne lui appartient pas. Puis, sans égard pour la somme de travail accomplie, le propriétaire légal se manifeste soudain pour revendiquer ses droits. Sa propriété défrichée ayant pris de la valeur, celui-ci exige alors un prix souvent beaucoup trop élevé par rapport à ce que le pauvre défricheur peut débourser. Traité en squatteur, le fruit de son dur labeur réduit à néant, ce dernier n’a d’autre choix que de quitter ce lopin de terre pour aller tout recommencer ailleurs, sur un lot libre de tout droit.
C’est en novembre 1881 que le village de Saint-Rémi-de-Tingwick reçoit son accréditation civile. Les premiers colons proviennent principalement de Stanfold, Saint-Norbert ou Arthabaska. L’une des priorités du tout nouveau conseil municipal est de palier à la rareté des routes et l’urgence d’ériger un pont sur la rivière Nicolet afin de relier Saint-Rémi à Saint-Paul-de-Chester, la paroisse voisine.
L’exploitation forestière et agricole sont initialement les deux principales ressources de la nouvelle paroisse. Or, en 1909, un résident des Trois-Lacs découvre sur le site d’un moulin à scie une pierre contenant de la fibre d’amiante. Muni de simples pelles et avec l’aide de chevaux on désire tirer profit de cette richesse naturelle enfouie dans la forêt à quatre milles du village. Toutefois, cette méthode d’extraction se révèle trop rudimentaire pour rentabiliser le projet. On doit attendre 1928, pour qu’un ingénieur de la mine Jeffrey (Asbestos) entreprenne les travaux nécessaires à la création de ce qui deviendra dans le langage populaire, « la petite mine de Saint-Rémi. »

Dès ses débuts opérationnels, la mine Nicolet Asbestos engage 85 travailleurs et devient rapidement un moteur important de l’économie régionale. La grande crise économique qui sévit durant les années trente force la fermeture de la mine durant toute la décennie. La « petite mine » reprend ses activités en 1940. La production augmente à un rythme soutenu. On extrait de trente à quarante tonnes de minerai à l’heure. Les conditions de travail sont parfois difficiles. La grève de l’amiante de 1949, véritable épreuve de force qui dure trois mois entre les mineurs et le gouvernement Duplessis qui appuyait les compagnies minières, contribue à améliorer le sort des travailleurs. Les années cinquante sont prospères. À son apogée, la Nicolet Asbestos Mine emploie 165 personnes. Puis, en 1968, c’est la consternation. La mauvaise qualité de la fibre force la fermeture définitive de la mine. Un coup dur pour l’économie régionale qui mettra du temps à s’en remettre.

Saint-Rémi-de-Tingwick fait partie du circuit des Balades Gourmandes qui ont lieu chaque automne dans les Bois-Francs. Cette initiative permet aux gens de découvrir la qualité et la diversité des produits du terroir régional.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :