LE HOCKEY AU SÉMINAIRE DE NICOLET

L’association de hockey du Séminaire de Nicolet voit le jour au début de l’année scolaire 1916-17. Le regroupement de quatre équipes du séminaire, désigné sous le nom de Grande ligue, dispute sa première joute dimanche, le 17 décembre 1916. Les faits saillants de cette partie, comme toutes les autres par la suite, sont rapportés dans les carnets de la ligue qui sont conservés au CAR Séminaire de Nicolet. La rédaction de ces calepins cesse en 1945, tandis que les activités de la ligue, elles, se poursuivent avec le même succès d’année en année. N’empêche que ces registres couvrent une période s’échelonnant sur presque trente ans. Ils témoignent de l’engouement immédiat que suscite la pratique de ce sport, chez les jeunes sportifs comme chez les spectateurs. L’esprit de compétition atteint de hauts niveaux, comme le laisse entrevoir un compte-rendu daté du 16 janvier 1928. Ce jour-là, deux équipes fort combatives s’affrontent au cours d’un match très attendu entre le club de Philosophie et celui de Rhétorique : « On attendait depuis longtemps cette lutte. Enfin, par une température des plus piquantes on fit les premiers pas sur la glace. Messieurs les joueurs de Philosophie avec leur costume bleu, blanc, rouge, se donnaient des airs de professionnels du Canadien. On pourra constater par la suite que l’habit ne fait pas le moine ». Peu importe, la foule de supporteurs est tellement fébrile qu’elle parvient presqu’à : « réchauffer la température qui avec ses épingles piquait le nez, les doigts, les pieds. Messieurs les Rhétoriciens calmes et graves envisagèrent la patinoire comme un champ de lutte et en bons tenaces, ils voulaient la victoire et ils l’ont remportée ». Le pointage final est de 5 à 2 en faveur de l’équipe défendant les couleurs du club de Rhétorique.

Quoique la rivalité demeure amicale, la qualité de l’arbitrage ou l’éthique de certains joueurs entraînent parfois de légers différends entre compétiteurs. Suite au match disputé le 30 janvier 1930, alors que le club de Physique l’emporte 1 à 0 sur le Rhétorique, une discorde surgit entre le chroniqueur et un adversaire qui exprime dans la marge son mécontentement provoqué par ce commentaire : « Il faut dire aussi que le jeu antisportif des vainqueurs fut pour beaucoup dans cette impuissance des rhétoriciens; on contournait les buts, on rudoyait sans cesse, on lançait de loin, ou encore on projetait le disque en dehors de la patinoire ». Le partisan des vainqueurs s’empresse de rétorquer en marge du manuscrit: « C’est faux complètement faux. À lire ce rapport on s’aperçoit que c’est un partisan aveugle qui nous montre un esprit antisportif. En effet, lisez tous les rapports du club Rhétorique, vous allez constater qu’ils n’ont jamais été capable d’accepter la défaite ». Les parties sont disputées selon les règles professionnelles en vigueur à l’époque, quoique la Grande ligue du Séminaire semble disposer de ses propres règlements concernant les punitions. Sont considérés comme offenses légères : « ceux qui blâmeraient l’arbitre hors du jeu, ceux qui retiendront le gouret d’un adversaire, ceux qui empêcheront un point en se couchant ou en se mettant à genoux. Le body-check est permis pourvu qu’on soit à cinq pieds de la clôture ». On qualifie d’offenses graves : « ceux qui accrochent un adversaire avec leur gouret, ou retienne le gouret d’un adversaire, ceux qui jouent brutalement sans nécessité, ceux qui protestent contre une décision de l’arbitre sans être capitaine. La punition pourra alors aller jusqu’à cinq minutes ».

En 1929, le conseil de la ligue innove en créant une remise de prix visant à récompenser le talent des joueurs s’étant les plus démarqués au cours de la saison régulière: « Un prix pour le meilleur compteur, un second pour celui ayant fourni le plus de passes et le troisième pour le gardien de buts d’après le nombre de coups arrêtés. Ces prix seront d’un dollar chacun » Outre les parties de la saison régulière de la ligue, des joutes inter-collégiales sont disputées de temps à autre entre le séminaire de Nicolet et celui de Trois-Rivières. On affronte aussi occasionnellement une équipe formée de résidents de la ville de Nicolet. Les résultats de ces rencontres demeurent toutefois inconnus, faute de comptes-rendus. Nous diffusons ici une photo, datant probablement de 1952-53, où une équipe championne pose fièrement avec le trophée qu’elle vient de remporter. Nous avons pu identifier Jacques Demers, qui se situe l’avant-dernier à droite de la première rangée, ainsi que Michel Beaubien qui occupe la deuxième place à droite de la seconde rangée. Afin d’identifier si possible les autres joueurs, nous sollicitons l’aide des lecteurs. Nous serions reconnaissants envers toute personne qui, via notre site Internet ou notre page Facebook, pourrait nous aider à reconnaître les différents hockeyeurs qui apparaissent sur cette photo.

Référence :
Fonds Séminaire de Nicolet, F085/B1,1-7

Équipe de hockey vers 1950 F085-P5500

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