LE JOURNAL D’UN MÉDECIN DE CAMPAGNE À SAINT-GERMAIN-DE-GRANTHAM

Le Docteur Basile Letendre pratique la médecine à Saint-Germain-de-Grantham de 1905 à 1921. Ses livres de comptes consultés au CAR Séminaire de Nicolet témoignent de la manière dont on exerce cette profession dans nos campagnes au début du vingtième siècle. On retrouve parmi ces pages le nom des patients auscultés quotidiennement, les soins prescrits, les médicaments administrés, de même que le coût total de la consultation. Or, ce sont plutôt les commentaires personnels intimistes jalonnant ces livres de comptes qui intéressent particulièrement l’amateur d’histoire. S’il lui arrive de temps à autre de souligner quelque événement important de l’actualité, ou certaines épreuves le touchant personnellement, la majorité des commentaires du docteur Letendre concerne la météo. Cette préoccupation météorologique n’étonne pas particulièrement lorsque l’on sait que les médecins d’autrefois doivent souvent franchir de longues distances pour rendre visite à leurs patients à domicile. Les chemins de l’époque se révélant plus ou moins carrossable à certaines périodes de l’année, les conditions météo demeurent un souci quasi constant pour celui qui est appelé à se déplacer en toutes saisons et à toutes heures du jour et de la nuit. Les automnes pluvieux et le dégel printanier transforment les routes en véritable bourbier, contraignant de temps à autres le médecin à dormir chez l’habitant. Sans oublier les hivers rigoureux qui rendent souvent les déplacements périlleux. Toutefois, le docteur Letendre ne s’intéresse pas à la météo uniquement pour des intérêts personnels. Il partage aussi le souci quotidien des cultivateurs dont les revenus dépendent grandement des caprices de la nature sous notre climat excessif. Le médecin se désole des gelées tardives ou hâtives qui risquent de compromettent les semailles ou les moissons. Ou encore, les pluies excessives et les sécheresses qui menacent trop souvent semences et récoltes.

Les livres de comptes du docteur Letendre témoignent aussi de la diversité des tâches que doit accomplir un médecin généraliste au début du 20e siècle. Ce dernier occupe, à la fois, les fonctions d’obstétricien, de pédiatre, de gériatre, de dentiste et de chirurgien. Disposant souvent de moyens limités, il use de toute sa science pour soigner malades et blessés à une époque où plusieurs maladies, considérées aujourd’hui bénignes, se révèlent trop souvent mortelles. Malgré les frais nécessaires au bon fonctionnement de son cabinet, le médecin doit se résigner à supporter un lourd crédit. Une bonne partie de sa clientèle se voyant dans l’impossibilité de régler ses honoraires sur le champ. D’où la nécessité de tenir des livres de comptes qui témoignent aujourd’hui des tarifs pratiqués à l’époque. Ceux du docteur Letendre sont : 3,00$ pour un accouchement, 50 cents pour enlever une verrue, une injection vaut entre 1,00$ et 3,00$, selon le médicament, le coût d’éradication d’une dent varie aussi selon la difficulté d’extraction. Une légère majoration des frais de déplacement du docteur Letendre survient en 1912, alors qu’il fait l’acquisition d’une automobile.

La tâche du médecin de campagne exige une solide santé physique et morale. Toutefois, on ne côtoie pas ainsi impunément la maladie et la misère humaine sans en être personnellement affecté plus ou moins sévèrement. C’est ainsi que, par une journée triste et sombre de mai 1913, le docteur Letendre exprime ce cri du cœur dans les marges de son livre de comptes: « Dans la vie que l’on croit si rose, il n’y a que des épines et des cailloux. Il faut s’efforcer de faire son bonheur seul, car les autres ne nous en procure très peu; car l’égoïsme prend une grande place dans les cœurs. Souvent on croit avoir saisi le bonheur, mais c’est comme une ombre toujours il fuit sous la main. Si nous n’avions pas le travail ardu pour dissiper le temps et les ennuis, la vie serait sûrement une charge avec son peu de soleil. L’on pleure plus que l’on ne rit ici-bas. Si au moins chacun cherchait à faire un peu de bonheur pour les autres, tous ensemble ça ferait une jolie somme. » Ce vague à l’âme s’avère, en quelque sorte, prémonitoire d’un malheur personnel à venir. À peine cinq mois plus tard, le 16 octobre 1913, la maison du docteur Letendre brûle en entier, ne laissant que des décombres. Il se réfugie alors avec toute sa famille chez ses parents avant de reconstruire à neuf le printemps suivant. Le docteur J.C. Basile Letendre meurt 8 ans plus tard, le 14 août 1921, à l’âge de 43 ans.

La création officielle de la municipalité de Saint-Germain-de-Grantham est signée le 6 septembre 1856 par le gouverneur général du Canada, sir Edmund Head. La paroisse est nommée Saint-Germain en l’honneur de Germain Sylvestre l’un des premiers colons de la région. La première assemblée du nouveau village se tient le 8 février 1858 sous l’égide du maire Thomas Niederer. On bénit la première église le 8 février 1865. Celle-ci sera complètement incendiée en mars 1952 pour être reconstruite l’année suivante.

Références : Fonds J. C Basile Letendre, F215/A1/2, F215/B2/2
Photos : 1952, construction de la nouvelle église. Fonds Ambroise Houle F042-E10-2
Famille Joseph Letendre vers 1885 : François-Xavier-Joseph, Basile, Anna et Stanislas-Charles
Collection J. Antoine Letendre C068-A1-2-13

REPRISE DES ACTIVITÉS AU CENTRE D’ARCHIVES RÉGIONALES SÉMINAIRE DE NICOLET

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CENTRE D’ARCHIVES RÉGIONALES SÉMINAIRE DE NICOLET

Après plusieurs semaines de fermeture, le CAR Séminaire de Nicolet reprend ses activités selon son horaire habituel. Malheureusement, les contraintes sanitaires engendrées par la pandémie empêchent le Centre d’Archives d’accueillir des chercheurs comme il le fait habituellement. À noter, toutefois, qu’il est possible en tout temps, via le site internet du CAR, d’accéder à la liste des documents archivés en cliquant sur le lien « Liste des instruments de recherche ». Il est aussi possible d’obtenir de l’aide en communiquant avec l’archiviste par courriel ou en téléphonant au 819-293-4838, poste 2222.

Rappelons que le CAR est ouvert du lundi au vendredi de 9 h à 12 h et de 13 h à 16 h 30. Courriel :secretariat@car-sn.ca

Fonds J.B. Hercule Bellemare

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Fonds Fabrique Saint-Zéphirin

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Fonds Fabrique Saint-David-d’Yamaska

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Collection Saint-Pie-de-Guire

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Fonds Joseph-Octave Plessis

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Fonds Charles Masse

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Fonds Françoise Gaudet-Smet

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Fonds Champlain Précourt

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