SAINT-GÉRARD DE MAJELLA UNE TOPONYMIE POPULAIRE

C’est le 21 mars 1904, année de canonisation de Saint-Gérard de Majella que l’arpenteur-géomètre C. G Shepard, à la demande d’un certain nombre de citoyens, délimite les bornes d’une éventuelle paroisse. Le 5 juillet 1905, suite aux recommandations de l’arpenteur, les francs-tenanciers du secteur nouvellement borné adressent une requête officielle auprès de Mgr Brunault pour lui demander d’ériger ce territoire en paroisse. Lors d’une assemblée publique tenue le 20 février 1906, l’abbé St-Germain est chargé de vérifier le bien-fondé de cette requête. C’est l’occasion pour plusieurs résidents de Saint-François-du Lac, Saint-Pie-de-Guire, Saint-Michel-de-Yamaska et Saint-David-de-Yamaska de s’opposer au projet qui affectera les limites de leurs propres municipalités. Les prêtres de ces mêmes paroisses manifestent, eux aussi, officiellement leur désapprobation. Dans une lettre commune qu’ils font parvenir à l’évêque de Nicolet, ces derniers expriment leur crainte que l’érection de la nouvelle paroisse s’effectue au détriment des paroissiens et des limites territoriales de leur propre communauté.

Mgr Brunault signe néanmoins le décret de la nouvelle paroisse, le 19 avril 1906. Celle-ci s’étend sur une distance de cinq milles de front par quatre de profondeur. De septembre 1906, jusqu’à la construction d’une église temporaire en 1907, le curé Janelle officie dans la maison d’Hubert Robidoux, au centre du village. La construction d’une église s’avère nécessaire, mais cela exige des ressources financières qui retardent quelque peu le projet. En août 1913, l’évêque de Nicolet signe un décret favorisant la construction simultanée d’une église en brique et d’un presbytère. Le 14 avril 1915, Mgr Brunault procède enfin à la bénédiction du nouveau temple. D’après la gazette officielle, l’érection civile de la municipalité est décrétée en 1908. À noter, que de 1907 à 1970, le bureau de poste, au service des 280 paroissiens, porte le nom de Saint-Gérard-de-Yamaska.

Gérard Majella voit le jour en 1726 à Muro, près de Naples. Sa vocation se manifeste très tôt, alors que l’on lui attribue quelques miracles dès l’enfance. Sa mère raconte que, très petit, son plus grand délice était d’entrer dans l’église et de prier en face du très Saint-Sacrement de l’autel. Quand il était là, priant au-devant de la Sainte Hostie, il oubliait même d’aller manger. À la maison, il employait chaque petit moment de libre pour prier. Les communautés religieuses refusent d’accueillir le jeune homme qui affiche une santé précaire. Après plusieurs tentatives infructueuses pour s’y faire accepter, le monastère des pères du Très Saint Rédempteur de Deliceto l’accueille finalement au sein de sa communauté. Il se fait alors un devoir d’apporter secours aux plus démunis de la société jusqu’à ce qu’il meure précocement de la tuberculose, à l’âge de 29 ans.

Saint-Gérard-de-Majella semble un saint particulièrement adulé des Canadiens-Français au cours du siècle dernier, puisque huit paroisses nouvellement fondées à l’époque se placent sous son auguste patronage. Quatre d’entre elles voient le jour peu de temps après la canonisation du saint par le pape Pie X : soit 1905 pour les diocèses de Montréal et de Sherbrooke et 1906 pour ceux de Québec et de Nicolet. S’ajoute par la suite, les diocèses de Trois-Rivières en 1922, Amos 1936, Longueuil 1955 et Chicoutimi en 1956.

Texte et recherches : Serge Rousseau

Références :

Fonds Fabrique Saint-Gérard-de-Majella, F489/E10/6-10

Diocèse de Nicolet 1885-1985, Denis Fréchette, Imprimerie d’Arthabaska inc. 1985

Les 8 paroisses Saint-Gérard-de-Majella du Québec, Saint-Gérard-Majella
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